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+41(0)848 22 10 12 L'heure de Crans-Montana .

Comment Crans-Montana est-elle devenue l’un des fleurons du tourisme suisse ? Née il y a plus de cent ans, la station s’est construite sur quatre piliers : l’hôtellerie, la santé, le golf, et le ski. Survol d’une épopée qui débute en 1893 !

Lieu de passage commercial depuis toujours, la vallée du Rhône, au 19ème siècle, n’en est pas moins une région reculée. Les voyageurs admirent les incroyables pans de montagne, les cascades, les cimes vertigineuses. Et sur le flanc nord de la vallée, il y a ce fascinant haut-plateau, parsemé de lacs et d’étangs, un plateau où ne vivent, en été, que quelques bergers et leurs troupeaux…

Premier hôtel

Le destin touristique du « Haut-Plateau » va naître de la passion d’un Valaisan, Louis Antille, qui, avec Michel Zufferey, un hôtelier de Sierre, va y ouvrir en 1893 un premier établissement : l’Hôtel du Parc. Il faut dire que dans le Sud de la France, Antille a côtoyé un certain César Ritz, qui deviendra célèbre Place Vendôme, à Paris ! Antille choisit quant à lui le lieu-dit « La pétouda de la Tza ». A l’époque, pas la moindre route ne mène de la vallée à l’hôtel : on y monte à dos de mule !

La santé devient incontournable

Un troisième personnage va jouer un rôle important dans la naissance de la future station de Crans-Montana. Le médecin genevois Théodore Stephani, qui s’amourache de la région, de sa beauté, de son air pur, et décide d’y amener ses patients. C’est lui qui fera ouvrir la première route carrossable, en 1896. Trois ans plus tard, il crée Beauregard, le premier sanatorium de la région.

Médecin et néanmoins homme d’affaires, il multipliera les publicités vantant le soleil de la région dans la presse nationale et internationale… Alors qu’Antille parle de Crans, Stephani préfère le nom de Montana et ses effluves américains !

Golf et ski à la rescousse

Des hôtels poussent, des lieux de cure également. En 1908, Sir Henry Lunn va apporter sa pierre à l’édifice : il inaugure le parcours 18 trous « le plus haut du monde », ou « the most beautiful alpine golf » dans la langue de Shakespeare… et  de Henry Lunn.

Il est amusant de constater à quel point ce qui fait aujourd’hui la renommée et le prestige de Crans-Montana se construit dès l’origine, pièce après pièce. L’hôtellerie… la santé… le golf… et le ski. En 1911 en effet, Arnold Lunn, le fils d’Henry, organise la première véritable course de ski alpin : la « Roberts of Kandahar Challenge Cup », à la Plaine-Morte. La même année, on inaugure le funiculaire ralliant Sierre à Montana. Ce qui n’empêche pas certains indigènes à continuer de faire le trajet à pied : on ne change pas si facilement des habitudes ancestrales.

Accélérations et coups de frein

La construction régulière de nouveaux bâtiments, suspendue par la guerre de 14-18, reprend vigoureusement dès 1920. Chalets, hôtels, lieux de cure se multiplient. Cependant, Ce n’est qu’au troisième millénaire que « Crans-Montana » deviendra une véritable entité touristique !

Les hôtes de prestige donnent un lustre people à la région : André Malraux, Jean Cocteau, Colette, la famille royale de Belgique… L’Opéra de Paris ou la Comédie Française font escale à Crans-Montana.

La crise de 1929, puis la Seconde guerre mondiale, entraîneront un brusque et durable coup de frein sur le Haut-Plateau.

L’explosion touristique

La reprise des années 50 est spectaculaire. Et le boom des années 60 plus encore. La fièvre bâtisseuse et touristique s’empare du Valais tout entier. Crans-Montana devient ‘the place to be’ , où se pressent les stars : Gina Lollobrigida, Gilbert Bécaud, Charles Aznavour et bien d’autres vont faire les belles heures de la station.

Les événements sportifs vont également contribuer à l’essor planétaire des lieux : Coupe du monde de ski dès 1977, European Masters de golf dès 1983 (qui succède à l’Open suisse de golf organisé dès 1939), accueil des championnats du monde de ski alpin en 1987. Et depuis 2004, rock, électro et autres musiques actuelles viennent décoiffer la station d’un souffle printanier  le temps d’un festival haut en couleurs baptisé « Caprices ».

Aujourd’hui, Crans-Montana est une charmante bourgade de 6500 habitants environ - plus de 15.000 pour l’ensemble de la population des six communes concernées : Chermignon, Icogne, Lens, Mollens, Montana, Randogne. Mais en haute saison, c’est jusqu’à 50.000 personnes qui se côtoient sur le Haut-Plateau pour profiter de ce lieu magique qui fit tant rêver Louis Antille, le pionnier.