Les Duchemins, sportifs de métier et de coeur

2 dicembre 2022

Crans-Montana est LA destination organisatrice d’événements par excellence. Cette tradition est vécue au quotidien par les habitants de la région, qui sont presque tous impliqués d’une manière ou d’une autre dans les nombreuses manifestations. Mais certains vont plus loin. C’est le cas de la famille Duchemin, résidant à Randogne. Rémi, Alexandra, et leurs enfants Marie (13 ans) et Arthur (10 ans) ont dédié leur vie au sport et vivent littéralement au rythme des événements qu’ils organisent ou auxquels ils participent. Aujourd’hui, ils sont à la tête du projet «The Greatest for Léman hope». Un projet culturel, sportif et caritatif qu’ils mènent en famille.




The Greatest for Léman Hope

Avec «The Greatest for Léman hope», vous alliez votre passion pour le sport et une action généreuse en faveur de la jeunesse. Comment est né ce projet?

Rémi: Un ami très proche a fondé Léman hope, qui soutient des jeunes de 8 à 21 ans en rémission du cancer. L’association offre un boost de confiance à plusieurs dizaines de jeunes chaque année, à travers l’organisation de croisières de plusieurs jours sur le lac Léman. Après plusieurs jours à naviguer, ils sont métamorphosés. C’est une très belle initiative, que nous avions envie de soutenir, à notre manière.

Alexandra: En parallèle, nous avions découvert le travail de David Jamin, un artiste-peintre contemporain, il y a quelques années lors de vacances dans le Luberon. Ni Rémi ni moi n’avons de background particulier dans la culture mais, pour la première fois, nous avons été touchés par un tableau. Depuis 20 ans, David Jamin réalise des portraits très stylisés, parfois des anonymes, parfois des personnalités connues. Nous lui avons demandé s’il avait des sportifs dans son catalogue, mais ce n’était pas le cas. Et soudain, nous avons fait le lien. Nous avons passé une commande, que nous allions exposer puis vendre aux enchères pour soutenir Léman hope.

Il n’y avait donc «plus qu’à» choisir les sportifs que vous vouliez représenter. Un choix difficile?

Rémi: La démarche a été concertée, en famille. Nous avons établi une première liste avec nos deux enfants. Elle se composait de grands champions, parfois très populaires, parfois plus méconnus, qui par leur parcours ou leur histoire ont marqué les esprits et inspiré le monde. Il fallait vraiment que les personnalités nous parlent et nous touchent émotionnellement.

Alexandra: Nous avons ensuite cherché des partenaires pour organiser les expositions, puis la vente aux enchères. La Fondation Olympique pour la Culture et le Patrimoine a très vite été intéressée, et d’autres établissements, comme le Crans Ambassador, ont également souhaité exposer ces tableaux. Nous avons fait toutes ces démarches avec nos enfants, qui nous ont beaucoup aidés lors des différentes étapes du projet.






Alors comment faire pour voir ces tableaux et éventuellement en acheter?

Alexandra: La collection The Greatest est exposée au Musée Olympique de Lausanne du 26 octobre au 18 décembre. Certaines journées permettent au public d’y accéder librement et gratuitement, de 9h à 18h: week-ends des 3/4, 10/11 et 17/18 décembre 2022.

Rémi: L’événement caritatif à proprement parler, avec la vente aux enchères des 38 oeuvres de la collection The Greatest, aura lieu le mardi 13 décembre 2022 à partir de 18h30. Tout le monde est cordialement invité, il suffit de s’inscrire sur notre site www.the-greatest.ch. L’intégralité des bénéfices seront reversés à Léman hope.

Vous avez probablement eu le coup de cœur pour certains tableaux. Le/lesquels achèteriez-vous?

Rémi: Très difficile à dire. La dimension artistique de ces tableaux nous plaît. Ils sont très colorés et stylisés, et égaient véritablement la pièce où ils sont exposés. De plus, ce sont 38 immenses champions qui ont des histoires passionnantes. Tiger Woods, meilleur golfeur de tous les temps, qui gagne son premier Masters d’Augusta à une période où les femmes n’ont pas encore le droit d’être membres de ce club. Bebe Vio, une athlète handi italienne qui a perdu ses membres inférieurs et supérieurs suite à une maladie, mais qui a continué de faire du sport jusqu’à devenir championne paralympique. Ou encore les tableaux qui ont un lien plus étroit avec Crans-Montana, comme le duo Lindsey Vonn et Mikaela Shiffrin, où la notion de transmission nous intéressait, Jack Nicklaus, qui a redesigné et donné son nom à l’un des parcours de golf de la destination, ou encore Pirmin Zurbriggen, qui porte le dossard des Championnats du Monde de 1987.

Alexandra: Impossible de choisir pour nous… Nous sommes très attachés à ces tableaux et aurons nous-aussi de la peine à les voir partir. Ce qui nous conforte, c’est que tout le monde travaille bénévolement sur ce projet et que 100% des bénéfices seront reversés à Léman hope, permettant à des jeunes de se relancer dans la vie.

Retrouvez toutes les informations sur le projet «The Greatest for Léman hope» sur www.the-greatest.ch. Pour participer à la soirée de bienfaisance et à la vente aux enchères le 13 décembre, n’oubliez pas de vous inscrire ici.


Une famille de visionnaires et bâtisseurs

D’où vous est venu cette passion pour le sport et comment a débuté votre carrière d’organisateur?

Rémi: J’ai commencé par suivre les premières études spécialisées en marketing et management des événements sportifs qui ont été créées à l’époque de la Coupe du Monde de 1998 en France, puis j’ai fait mon stage de fin d’étude chez ASO, l’organisateur du Tour de France, du Dakar et du Marathon de Paris. J’y suis resté 9 ans, en me spécialisant dans le cyclisme dans un premier temps, puis en travaillant pour le compte de la direction générale, en charge du développement et de la diversification.

Alexandra: J’ai suivi les mêmes études que Rémi, avant de me spécialiser dans l’enseignement. J’aime l’idée de transmettre et de partager des activités sportives avec des jeunes.

Comment vous êtes-vous retrouvés à Crans-Montana?

Alexandra: Ma famille avait un appartement ici, et j’y venais régulièrement. J’ai appris à skier ici sur le golf, comme mes enfants aujourd’hui. Au décès de mon père, nous ne savions pas si nous voulions garder l’appartement, et j’ai pris Rémi avec moi pour savoir ce qu’il en pensait.

Rémi: Quand j’ai ouvert les volets pour la première fois et que j’ai découvert ce paysage unique au monde, j’ai d’emblée eu envie de m’installer ici. Nous nous sommes vite rendus compte que c’était vivant toute l’année et que la vie locale était très riche. Il y a des manifestations sportives ou culturelles qui animent aussi l’entre-saison, et la plupart des hôtels, restaurants et boutiques sont ouverts quasiment à l’année. Crans-Montana est une petite ville à la montagne, avec tous les services et infrastructures, mais en plein cœur de la nature.

Alexandra: Nous avons commencé à venir les week-ends, puis de plus en plus souvent, et en 2010 nous avons décidé de venir nous établir ici, à Lens puis à Randogne.

Souvent, le fait de voyager amplifie encore l’effet «wow» que l’on a en admirant le panorama. Est-ce que c’est votre cas?

Rémi: Absolument. On s’habitue volontiers à ce cadre splendide, mais l’effet ne s’estompe pas. En vivant à Crans-Montana, je suis aussi content en partant en vacances qu’en revenant. C’est extrêmement précieux pour la qualité de vie.






Et pour vos parcours professionnels respectifs, qu’est-ce que ça signifiait?

Rémi: En fait, l’accessibilité à Crans-Montana est bien meilleure que ce que disent les cartes. Mes associés de l’époque, qui vivaient dans de grandes villes, m’ont challengé sur le fait de vivre en montagne et travailler à l’international, mais Crans-Montana est idéalement placée entre Genève, Zürich et Milan, et offre ainsi le compromis parfait. Je suis proche des centres et leurs grands aéroports, mais je me ressource véritablement lorsque je rentre chez moi. Les perspectives professionnelles ne sont donc pas plus restreintes que si l’on habitait dans une ville, même au contraire. Nous nous sommes tout de suite sentis très bien ici et n’avons jamais regretté ce choix.

Alexandra: Et l’intégration s’est très bien passée. Comme tout le temps lorsque l’on déménage, il faut faire le premier pas et aller vers les autres. Nous l’avons fait et ça nous a permis de très belles rencontres. Certains pensent que dans les territoires de montagne, les mentalités sont plutôt fermées. Ce n’est absolument pas le cas ici, sur la communauté de 15'000 personnes qui vivent sur le Haut-Plateau et dans les villages, les gens sont très ouverts et accueillants.

Vous avez donc quitté ASO pour créer votre propre société OC Sport, c’est bien ça?

Rémi: Exactement. Fin 2008 avec mes associés Benjamin et Mark, nous avons créé une société d’évènementiel sportif, et nous l’avons domiciliée sur la commune de Crans-Montana. Nous avons repris quelques événements à l’image du Genève Marathon, et en avons créé de nombreux autres dans le cyclisme amateur, le running, le trail running, le triathlon, le biathlon, la voile… bref dans tous les sports ayant un contact étroit avec la nature et les grands espaces. Nous avons développé le concept de la Haute Route, qui est une course par étapes pour des cyclosportifs amateurs. Il y a eu jusqu’à 14 événements à travers le monde. Nous nous sommes également spécialisés dans le monde de la voile, en reprenant l’organisation de la Route du Rhum ou en participant à la Volvo Ocean Race, que notre bateau a remportée en 2018. En parallèle, nous avons organisé de nombreux événements de trail, jusqu’à monter la société UTMB International en 2015, en partenariat avec la famille Poletti de Chamonix. Nous avons développé des événements trail en dehors du massif du Mont-Blanc à travers un système de franchises. Il y en a aujourd’hui environ une trentaine à travers le monde.

Cycling for Children avec l’UNICEF, Haute Route, Wildstrubel by UTMB, ces événements ne sont pas méconnus à Crans-Montana.

Rémi: A chaque fois que l’occasion s’est présentée, nous avons essayé d’amener ces événements à Crans-Montana. Il faut dire que la destination s’y prête parfaitement. En ce qui concerne Wildstrubel by UTMB, nos amis Catherine et Michel Poletti, fondateurs du mythique Ultra-Trail du Mont-Blanc, ont confirmé que la configuration de l’événement à Crans-Montana est absolument parfaite. Faire le tour complet d’un massif est très rare sur le plan sportif. Dans l’évènementiel, l’un des critères de succès est l’unité de temps et de lieu. Ici, avec toutes les infrastructures autour de la place d’Ycoor, c’est juste parfait. Avec la halle de curling qui peut être utilisée, l’orangerie, la grande place publique, des salles de séance à proximité, les restaurants, les hôtels, les routes d’accès, tout est optimisé pour l’organisation d’événements de cette envergure.

Et vous Alexandra, vous avez aussi pu vous impliquer dans des événements de la région?

Alexandra: En effet, en 2012 nous avons rencontré Edgar Gillioz et Marius Robyr, qui m’ont proposé de rejoindre le comité d’organisation de la Coupe du Monde de ski. Depuis, chaque hiver, je passe quelques semaines à m’occuper des accréditations. J’ai également rejoint l’équipe de l’Omega European Masters en 2014, toujours avec Edgar Gillioz, qui y est responsable du staff «résultats» sur le parcours. C’est un grand plaisir de travailler chaque année pour ces deux top events, qui sont les fleurons de l’événementiel à Crans-Montana. Je suis aussi active au niveau local, en tant que monitrice au Ski-Club de la Lienne, monitrice de cours de bébés nageurs, et membre du comité de l’Anim’, qui se bouge pour les habitants des villages de Randogne et Bluche.






Le lien avec l’événementiel est vraiment très présent. Qu’est-ce qui vous plaît autant dans ce secteur?

Alexandra: Tout, de A à Z: le travail minutieux de planification en amont, le stress à l’approche de la manifestation, l’excitation lorsque les spectateurs ou les athlètes arrivent et cette magie de l’événement qui fait que tout est en place au jour J et à l’heure H.

Rémi: Mais nous aimons aussi et surtout la finalité de l’événementiel. Il permet de rassembler, d’être plus proche les uns des autres. Ce qui est très apprécié dans une société avec autant de fractures et de différences. Nous croyons beaucoup au pouvoir du sport et de la culture, en particulier à travers les grands événements, pour rassembler la société.

L’approche des Championnats du Monde de VTT en 2025, puis de ski alpin en 2027 sont donc certainement une belle source de motivation pour vous.

Rémi: Bien entendu, mais pas que pour nous. L’attribution de ces grands événements est parfaitement méritée, et elle est une grande source de fierté pour tous les habitants. Avoir la reconnaissance et la confiance des instances internationales récompense l’excellent travail effectué depuis des années par la population du Haut-Plateau et des villages.

Alexandra: Des Championnats du Monde sont des projets structurants qui peuvent profiter à toutes les générations futures. Ils doivent êtres des catalyseurs pour mettre sur rail des projets à long terme et servir d’inspiration pour les jeunes générations. Nous avons un terrain de jeu absolument extraordinaire, le mettre ainsi en valeur rappelle à nos jeunes qu’ils ont le monde au pas de leur porte, et qu’ils peuvent vivre des expériences marquantes et uniques, bien ancrées dans le monde réel, juste en sortant de chez eux.

Y a-t-il encore du temps pour la famille dans cette vie bien remplie rythmée par les événements?

Rémi: Oui. Et c’est même l’une de nos priorités. Fin 2018, au retour d’un voyage dans l’une de nos filiales en Chine, j’ai eu une sorte de révélation, associée au sentiment de passer à côté de l’essentiel. Nous avons deux beaux enfants, mais je ne les voyais pas assez. Nous habitions là où nous avions toujours voulu, mais je voyageais trop souvent. J’ai donc pris la décision de réorganiser ma vie professionnelle afin de pouvoir consacrer plus de temps à ma famille. Depuis que je travaille depuis Crans-Montana, nous avons trouvé un bien meilleur équilibre.